(( La Maison de Bernarda Alba de F. Garcia Lorca ))
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Mise en scène de Miguel Borras
Distribution par ordre d’apparition :
La servante Grazia Aimé
Poncia Catherine Bloch
Amelia Ines de Broissia
Martirio Maïlis Jeunesse
Magdalena Pénélope Boissonnet
Adela Lise Meunier
Bernarda Lina Cespedes
Angustias Karine Levy
Maria Josefa Dany
Violencelle Marie Pierre Fauritte et Isabelle Bloch
Musique Michel Musseau
Régie et
création lumières Lionel Vidal
Costumes et
maquillages Mélanie Dugué, Aurélie Héniart,
Marie Mercier, Tanya Morozova
Décors Karine Levy
L’histoire
Dans un village espagnol des années trente, la vie de cinq sœurs, toutes en âge de se marier, est bouleversée par le décès de leur père. Leur mère, Bernarda Alba, leur impose un deuil particulier : pendant huit ans elles ne pourront pas sortir de la maison « Les portes et les fenêtres seront murées». La maison devient un tombeau pour ces femmes qui voient, impuissantes, leur jeunesse leur échapper. Seule l’aînée, Angustias pourra quitter sa famille grâce à son mariage arrangé avec Pepe el Romano, le plus beau garçon des environs. Or la cadette nourrit une passion secrète, et semble-t-il partagée, pour cet homme…
La pièce souligne avec violence l’importance des contraintes sociales qui imposent une manière de vivre et dictent les interdits. Elle traite de la condition des femmes, de leur impossibilité à disposer de leur corps et d’être maître de leur destin. Problématique encore d’actualité dans bien des pays.
Cette troupe est composée de comédiennes issues d’horizons différents : amateur et professionnel. Pour monter cette pièce avec des exigences professionnelles, elles ont fait appel à Miguel Borras, metteur en scène de la compagnie du Théâtre du Bout du Monde. Ce dernier a souhaité associer au projet le compositeur Michel Musseau, pour la création de la musique originale du spectacle, interprétée sur scène par une violoncelliste.
Notes de la mise en scène :
Après les premières lectures et séances de travail, trois priorités se sont dégagées pour la mise en scène : éviter à tout prix le réalisme inhérent à ce « Drame de femmes dans un village d’Espagne », rendre la pièce universelle et faire écho à la lutte que le récit propose entre l’ancien (la tradition) et le moderne.
Cette pièce est un huit clos où les personnages ne peuvent pas exprimer leurs sentiments ouvertement. La chape de plomb que Bernarda impose dans son foyer pervertit les relations entre ces neuf femmes. Ma direction des comédiens a notamment porté sur l’intériorisation des émotions. Les cris et les débordements sont maîtrisés. C’est le public qui devient le dépositaire du discours intérieur du comédien. Cette mise en scène est donc le résultat d’un travail minutieux sur les regards, les émotions et les déplacements.
Il ne fallait pas reléguer La Maison de Bernarda Alba à une pièce espagnole du siècle dernier avec un lourd décor : des murs en torchis, des portes en arc de cercle et une musique de guitares andalouse…
Ainsi nous avons conçu la scénographie à partir d’une architecture très simple : un cadre blanc vide peint à la chaux, les murs et l’embrasure des portes, ainsi suggérés, créent un vide-fermé. Tout cela pour souligner que le drame conté ici est provoqué par le regard des autres, par le « qu’en dira-t-on » qui règne dans les maisons des villages et qui régit la vie intérieure des familles : « les murs ont des oreilles».
Les costumes font écho à notre idée de l’ancien dans le moderne. S’ils s’inspirent de costumes espagnols, leur création procède d’un véritable travail collectif avec les comédiennes : elles ont proposé une forme et celle-ci a été reprise par les costumières et adaptée.
La musique pour violoncelle créée spécialement pour nous par le compositeur Michel Musseau est conçue comme un chœur de tragédie antique. Elle devient un acteur à part entière ou elle commente l’intrigue.
Miguel Borras
>> Entretien vidéo Miguel Borras, à propos de 'La maison de Bernarda Alba"