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(( Philippe Guerin ))

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Comédien fondateur
Coordinateur des actions d’animations
Né le 13 décembre 1956
A Château-Briand

Formation :

  • Atelier Ecole Charles Dullin (Robin Renucci, Jacqueline Martin, Yves Kerboul)
  • Théâtre du Soleil (Ariane Mnouchkine)
  • DEFA avec l’INFOP-CEMEA, Gennevilliers

En tant que comédien, il participe à l’expérience du Théâtre des Vinaigriers, où il reste trois ans. Il séjourne en Inde. A son retour, il participe avec Miguel Borras et André Bonnet à la création de « Ment songe » avec le Théâtre de Pandore. Après la troisième création, il entame une formation pour compléter son expérience en matière d’animation. En 1990, il crée le Théâtre du Bout du Monde avec ses deux acolytes.
Chargé de la mise en œuvre d’un projet qui tend à renforcer les liens entre les différentes catégories de populations de la Cité, il structure l’organisation de la compagnie pour lui permettre de développer un concept de théâtre citoyen en favorisant les relations « inter-générationnelles ».
Depuis 1998, il mène un atelier au Centre d’Accueil et de Soins Hospitaliers de Nanterre, auprès d’un public souvent en très grande difficulté.
En 2005, il est sollicité par la Ville de Nanterre pour mettre en œuvre un projet dans le quartier du Petit Nanterre. Celui-ci a pris de l’envergure et est soutenu et reconnu par les différents niveaux institutionnels (Ville de Nanterre, Département des Hauts de Seine, Région Il de France et l’Etat).

>> Entretien vidéo Philippe Guérin

(( Questions à Philippe Guérin ))

Quel est votre parcours professionnel ?
A vingt-deux ans je quitte ma Bretagne natale et  je monte à Paris, pour voir autre chose ; très vite je commence à prendre des cours de théâtre pour découvrir ce milieu que je ne connais pas. J’’intègre alors une troupe qui part en tournée en province ; ils m’embarquent… De retour à Paris, je participe à l’expérience du Théâtre des Vinaigriers, du théâtre pour le quartier, déjà… Des bases me manquent. J’entre dans une école, l’atelier Charles Dullin. J’y reste 3 ans.
En 1988, c’est le premier tournant majeur de ma carrière : ma rencontre avec Ariane Mnouchkine. Je me rends compte que tout est à refaire ! Ce que je croyais avoir acquis repose sur du vent. Ariane me permet de mesurer combien le conflit occupe une place centrale dans les apprentissages. Hors de tout conflit,  il n’est pas d’histoires qui tiennent la route, théâtralement.

Depuis quand êtes-vous dans la compagnie et quelles raisons vous y ont amenées ? 
C’est dans l’Atelier d’Ariane Mnouchkine que j’ai rencontré celles et ceux avec qui je travaille depuis lors. Nous avons eu envie de continuer à travailler sur cette dynamique. J’ai alors rejoint la compagnie du Théâtre de Pandore, dirigée collégialement par Pierre Martinez. Nous y avons travaillé 3 ans sur une création fleuve : « Ment songe ». Le jour où cette pièce a commencé à tourner, la compagnie a explosé et le collectif s’est scindé en trois, certains sont restés sous le nom du Théâtre de Pandore, et un autre groupe est parti au Mexique,  le Théâtre du Bout du Monde s’est alors  créé ; nous sommes en 1990.

Quelle méthodologie appliquez-vous dans vos créations et au sein des ateliers ?
Je pratique la maïeutique, l’art d’accoucher les esprits des trésors qu’ils contiennent, par la mise en parallèle d’histoires qui se répondent en écho. Echos qui traversent les acteurs, qui me traversent aussi bien entendu. Toute opposition créant du conflit, interne ou externe, Il s’agit d’avancer sur le chemin de la résolution de ce conflit, en sachant que sur la route d’autres embûches apparaissent...

Quels sont les tournants qui ont marqué l’histoire de la compagnie T.B.M ? Pourquoi ?
Tournant en 1992 avec « les chevaux aux sabots de feu » création sur l’empire Inca qui met en avant la vision des vaincus. Manichéen ou pas ? Les espagnols sont ils des seuls responsables? Les Incas ne se sont-ils pas sabordés en interne ? Résonnance !!
Tournant en 1994 quand la compagnie reçoit de l’argent pour travailler avec une société qui cherche à développer un concept autour du Théâtre Jeune Public, nous adaptons alors notre créativité aux besoins de cette société sponsor, nous devenons pragmatiques.
Tournant en 1997 lorsque je commence à travailler avec des auteurs qui viennent rencontrer des personnes au parcours de vie chaotique. De ces rencontres, naissent des histoires qui relient  le chemin de l'auteur à celui de l'acteur. L’acteur : celui qui agit sur lui par l'activité théâtrale qui interroge, permet d'explorer des possibles.
Autre tournant en 2005 lorsque la ville avec laquelle je travaille nous  demande de mettre en œuvre sur un quartier une action culturelle qui permette de relier des histoires entre elles pour chercher de la perspective en commun. Il s'agit là d'un carrefour où se retrouvent tous mes centres d'intérêts : éducatifs, sociaux, culturels et politiques. Agir avec celles et ceux qui, réunis autour d'un objet commun, retrouvent des appétences.

« L’art pour tous » est-il une utopie ?
OUI ! Utopie dans le sens où chacun est part de tous.

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